Seconde partie : les réseaux ATM

Introduction
Le fonctionnement logique de la connexion
    La théorie : le VCN
    L'application pratique : VPI, VCI
    La gestion du VCN par les switchs sur un exemple
    Quelques remarques et un peu de vocabulaire pour conclure
L'établissement de la connexion
    Le format des adresses ATM
    Les interfaces
    ILMI
    Q2931 UNI signaling
La couche physique
Le layer ATM
    La cellule ATM
    L'AAL (ATM Adaptation Layer)
Interfaçage avec les couches de haut niveau en LAN : MPOA et LANE
    MPOA (Multiple Protocol Over ATM) ou Classical IP
    LANE (LAN Emulation)
Un beau dessin repompé sur la page de Uce pour résumer tout ça et bien situer les différentes couches en LANE
Pour en savoir plus...
Petit lexique
Première partie : les bases du réseau, application aux réseaux ethernet/IP
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Introduction

    Le protocole ATM est né de l'idée que les réseaux destinés à la transmission de la voix (réseau téléphonique), de la video (réseau cablé), et des données (jusqu'alors dominé par le système BISDN pour Broadband Integrated Services over Digital Network) devaient fusionner et n'utiliser plus qu'un réseau de câbles commun, ainsi qu'un protocole commun. Les caractéristiques du protocole reflètent les objectifs alors visés par le forum ATM : le protocole ATM s'appuie sur la notion de circuit virtuel, ce qui constitue un compromis entre des protocoles basés sur des circuits physiques comme ISDN, et ceux basés sur des paquets envoyés sans qu'une connexion soit préalablement établie (Switched Virtual Connexion) comme ethernet.

    Bref, le protocole ATM est orienté connexion, ce qui signifie que deux machines qui veulent communiquer commencent par établir une connexion avant d'envoyer leurs données, avec un risque minimal de pertes de celles-ci, et une efficacité maximale pour leur traitement, ce qui permet notament d'avoir une garantie sur le temps maximal qu'un paquet passera dans un switch. D'autre part, l'ATM utilise des petits paquets (appellés cellules) de 48 octets de données et 5 d'en-tête, soit 53 octets.

Le fonctionnement logique de la connexion

La théorie : le VCN

    Commençons par détailler le fonctionnement d'une connexion déjà établie entre deux machines. Entre deux interfaces réseau, une connexion (appelée VC pour Virtual Circuit dans la terminologie usuelle), est identifiée par un nombre, le VCN (Virtual Connection Number). Le VCN est le même pour les deux interfaces, et restera le même tant que la connexion sera établie . Il peut cependant changer à la traversée d'un switch. En clair :

exemple de connexion dans un réseau ATM

Le numéro de connexion virtuelle (VCN)

L'application pratique : VPI, VCI

    Bon, maintenant, dans la vraie vie, c'est un micropoil plus compliqué, sinon, c'est pas drôle : le VCN se décompose en deux autres nombres : ses bits de poids fort composent le VPI (Virtual Path Identifier), et ses bits de poids faible le VCI (Virtual Channel Identifier). Cette décomposition permet d'obtenir une couche logique supplémentaire, qui peut s'avérer utile. On pourrait par exemple attribuer un VPI a la Video, un autre aux transferts de données, et un troisième à la téléphonie. Ou encore, on pourrait attribuer un VPI à un pays, un autre à un second pays, etc. Il existe des switchs ATM qui ne routent qu'au niveau du VPI sans se soucier du VCI. Ils sont utilisés en WAN pour leur efficacité, mais n'ont absolument aucun intérêt en LAN.

structure logique du VCN

La décomposition logique VPI/VCI

La gestion du VCN par les switchs sur un exemple

    Voici un exemple de ce que pourraient être les connexions passant à travers un switch ATM :

Connexions traversant un switch ATM

Exemple de connexions traversant un switch ATM

    Le switch tient à jour, pour chaque port, une table qui associe à chaque VCN source un port et un VCN destinations. Ceux qui n'en déduisent pas immédiatement qu'il est possible d'utiliser le même VCN sur plusieurs ports différents se voient immédiatement et irrévocablement attribuer un point Gunther ;=)

    Dans notre exemple, cette table aurait l'aspect suivant pour le port 1 :

VPI source VCI source Port destination VPI destination VCI destination
6 2 4 12 15
42 3 6 42
42 30 3 2 48
150 3 6 203
VCN Swapping

Quelques remarques et un peu de vocabulaire pour conclure

L'établissement de la connexion

    Les adresses ATM ne sont utilisées que pour établir une connexion. Une fois cette opération effectuée, les cellules ne comportent même plus l'adresse ATM destination et ne s'appuient que sur les VPI/VCI pour arriver à destination.

Le format des adresses ATM

    Une adresse ATM comprend 20 octets organisés de manière hiérarchique. Le premier octet est appelé AFI et indique à quel sous-format d'adresse l'adresse ATM appartient. Il peut prendre les valeurs suivantes :

    Les 8 octets suivants sont constitués de champs spécifiques à l'AFI. Viennent ensuite deux octets appelés RD (Route Domain : la situation géographique de l'interface sur le réseau), et deux octets AREA (un sous-ensemble du RD). Ces 13 octets constituent ce qui est appelé le Network Prefix de l'adresse ATM, il est spécifique à la partie du réseau où se trouve l'interface ATM et choisi par l'administrateur système.

    Les 6 octets suivants (ESI pour End Station Identifier) identifient de manière unique l'interface réseau (ils sont comparables à l'adresse MAC des cartes ethernet). Enfin, le dernier octet est appelé sélecteur, son rôle n'a pas encore été défini par le forum ATM. Ces 7 octets constituent ce que l'on appelle la User Part de l'adresse ATM, elle identifie l'interface de manière unique.

Les interfaces

    L'ATM distingue deux protocoles de communication : le premier est destiné aux échanges entre deux noeuds du réseau (ie : entre deux switchs) et est appelé NNI (Network to Network Interface), le second régit les échanges entre les noeuds du réseau et ses extrêmités (ordinateurs, switchs ethernet, routeurs, ...) et est appelé UNI (User to Network Interface). Le protocole UNI est lui-même composé de deux sous-protocoles : le Public UNI, destiné à relier une station au réseau d'un fournisseur d'accès, et le Private UNI, dont la vocation est de servir en interne dans un réseau d'entreprise.

ILMI (Interim Local Management Interface)

    Ce protocole permet à une interface de s'enregistrer auprès du switch auquel elle est reliée. Il s'appuie sur l'UNI. Comme l'indique son nom, il a été développé en attendant mieux... Il utilise en principe le VCN 0:16 (ie VPI=0, VCI=16), bien que cette caractéristique soit configurable sur certains équipements.

    Lorsque l'interface s'initialise, elle envoie un message au switch en lui demandant l'adresse de réseau, elle reçoit à son tour un message du switch indiquant cette adresse, et envoie à son tour un message contenant l'adresse ATM complète de l'interface. Les informations ainsi obtenues par le switch sont inscrites dans sa MIB, et elles se propagent de switch en switch par SNMP quand c'est nécessaire.

Q2931 UNI signaling

    Le rôle de ce protocole, qui s'appuie lui aussi sur l'UNI, est de premettre l'établissement d'une connexion entre deux utilisateurs terminaux du réseau, lorsque aucun PVC n'a été attribué à cette connexion. Il permet de mettre en place des connexions point à point ou point à multi-point. Il permet également de négocier certains paramètres de la qualité de service comme la bande passante attribuée à la connexion et un taux maximal de pertes de cellules. Enfin, il permet de terminer une connexion.

    Pour établir une connexion, un utilisateur terminal commence par envoyer une requête "Setup", qui est propagée jusqu'à l'utilisateur destinataire. En cas de succès de l'opération, le réseau retourne à l'instigateur de la connexion le VCN alloué dès son premier message de réponse, qui est soit un "Call proceeding", soit un "Connect". En cas d'échec, c'est un "Release complete" qui parvient à l'utilisateur à l'origine de la demande de connexion. L'utilisateur destinataire, quant à lui, reçoit un message "Setup". Il répond alors, s'il peut accepter la connexion, un message "Connect", qui peut éventuellement être précédé d'un "Call proceeding". Dans le cas contraire, il renvoie un "Release complete".

La couche physique

    ATM est un protocole couvrant les niveaux 2 à 4, bien qu'il puisse également dans certains cas couvrir les niveaux 1 et 5. Il est également parfois utilisé comme simple protocole de niveau 2. ATM n'impose donc théoriquement pas de protocole physique. Le forum ATM a cependant suggéré différents moyens d'acheminer le signal ATM d'un point à un autre. Le protocole physique n'est donc que brièvement évoqué ici.

L'ATM suppose simplement qu'il a en-dessous de lui un protocole physique qui fonctionne convenablement pour acheminer ses cellules.

Le layer ATM

La cellule ATM

    La cellule ATM a une taille fixe, ce qui permet de la commuter avec un maximum d'efficacité. Elle comporte 53 octets (5 d'en-tête et 48 de données).

L'en-tête de la cellule ATM en UNI

Nombre de bits Nom Fonction Modifiable par un switch ?
4 Generic Flow Control Ces 4 bits sont destinés à faciliter le contrôle de la congestion, mais leur signification n'a pas encore été précisée par le forum ATM. Un noeud du réseau ATM incapable de gérer le flow control doit les mettre à 0. Oui
8 VPI VPI Oui
16 VCI VCI Oui
3 PTI (Payload Type Indicator) Ces bits donnent diverses informations : sur la nature des données de la cellule (données utilisateur ou données de management ATM), sur l'état de congestion du réseau et l'état des ressources réseau, ainsi que sur la position de la cellule dans son segment AAL 5 (ce qui sera détaillé plus tard). Ils peuvent prendre les valeurs suivantes :
  • 000 données utilisateur, pas de congestion, SDU (Service Data Unit) type 0
  • 001 données utilisateur, pas de congestion, SDU type 1
  • 010 données utilisateur, congestion, SDU type 0
  • 011 données utilisateur, congestion, SDU type 1
  • 100 Cellule d'OAM (Operation And Maintenance) pour SVC
  • 101 Cellule d'OAM pour PVC
  • 110 Cellule permettant le contrôle de traffic et la gestion des ressources
  • 111 Réservé à un usage futur
Oui
1 CLP (Cell Loss Priority) Ce bit indique si la cellule doit être conservée de manière prioritaire au cas où le switch serait obligé d'en détruire. Il vaut 0 si la cellule doit être conservée, et 1 si elle peut être détruite. Oui au cas ou le VC excède la bande passante qui lui a été accordée
8 HEC (Header Error Control) Ces 8 bits permettent de détecter une éventuelle erreur de transmission dans le header. Ils permettent également de corriger une telle erreur si elle porte sur 1 ou 2 bits dans 89% des cas. Oui
En-tête de la cellule ATM en NNI

L'en-tête de la cellule ATM en NNI

    Les champs de cet en-tête sont les mêmes, à la différence près que les quatre bits de GFC sont supprimés et permettent de stocker le VPI sur 12 bits.

L'AAL (ATM Adaptation Layer)

    L'AAL est une interface entre les couches logicielles élevées et le protocole de bas niveau qu'est la transmission de cellules de 48 octets de données d'un point à l'autre du réseau. Différents types d'AAL seront donc utilisés en fonction des besoins des couches supérieures.

    L'AAL se compose de deux sous-couches : CS (Convergence Sublayer) et SAR (Segmentation And Reassembly sublayer). La sous-couche la plus haute, CS, gère les temps de transmission, la détection des cellules perdues et des erreurs de transmission. Pour ce faire, elle encapsule les paquets de la couche applicative (dits PDUs) dans des CS-PDUs (Protocol Data Unit) de taille variable et supérieure à celle de la cellule ATM. La sous-couche SAR, quant à elle, permet de découper ces CS-PDUs pour les implanter dans les cellules ATM de 48 octets de données.

    En fonction de la qualité de service nécessaire à la transmission des données, l'un des quatre différents types d'AAL sera utilisé :

Type d'AAL AAL 1 AAL 2 AAL 5
AAL 3 AAL 4
Délai de transmission maximal garanti garanti non-garanti non-garanti
Débit constant variable variable variable
Mode de connexion orienté connexion orienté connexion orienté connexion sans connexion

    L'AAL 5 regroupe l'AAL 3 et l'AAL 4, et assume leurs fonctions, ces deux AALs étant devenus légèrement obsolètes.

    Un SDU AAL 1 comporte 1 octet d'en-tête AAL.

    Un SDU AAL 2 comporte 1 octet d'en-tête AAL et 2 octets de Trailer AAL.

    Pour les AAL 3 et 4, le fonctionnement est légèrement différent : la première cellule du PDU comporte l'en-tête AAL (deux octets), et l'en-tête CS (4 octets), puis viennent les données du PDU. La dernière cellule du PDU comporte, quant à elle, le trailer AAL (2 octets) à la fin de la cellule, précédé du trailer CS (4 octets + suffisament de zéros pour que la cellule soit remplie). La fin du PDU est détéctée en opérant au niveau du layer ATM, à l'aide du dernier bit du Payload Type (un champ du header de la cellule ATM), qui vaut 1 si la cellule est la dernière du PDU.

    En AAL 5, la dernière cellule du PDU se termine par 8 octets de trailer AAL, précédés si nécessaire de zéros appelés PAD.

Interfaçage avec les couches de haut niveau en LAN : MPOA et LANE

    Les principaux problèmes rencontrés avec l'ATM en LAN sont que l'ATM ne permet pas d'envoyer des paquets broadcast, ce qui est nécessaire en LAN, et que l'ATM est orienté connexion, alors que d'autres protocoles avec lesquels il est amené à s'interfacer en LAN comme ethernet sont des protocoles sans connexion.

    Deux solutions ont été mises au point pour contourner ces problèmes : la première est appelée MPOA et permet de connecter à un réseau IP des machines pourvues de cartes ATM, la seconde porte le nom de LAN emulation et permet d'interfacer l'ATM avec l'ethernet.

MPOA (Multiple Protocol Over ATM) ou Classical IP

    Les différentes stations présentes sur un réseau utilisant Classical IP doivent connaître l'adresse ATM d'un serveur appelé serveur ARP. Elles établissent une connexion avec lui, et ce serveur, dès l'établissement de la connexion, leur envoie une requête à laquelle elles répondent en envoyant leur adresse IP, ce qui permet au serveur de construire une table ARP (table de correspondance adresse ATM/adresse IP). Ensuite, lorsqu'une machine doit envoyer des paquets à une autre machine, elle fait une requête ARP auprès du serveur ARP, obtient l'adresse ATM de la machine destination, et établit une connexion avec elle. Au bout de 20 minutes d'inactivité, le serveur peut effacer une entrée de sa table si la machine correspondante ne répond pas à une requête In_ATMARP. De même, les clients mettent à jour une table ARP dans laquelle chaque entrée doit être conservée un minimum de 15 minutes.

LANE (Lane Emulation)

    LANE est un moyen de relier plusieurs équipements ethernet à l'aide d'un réseau ATM. Ce moyen s'appuie sur le découpage de trames ethernet en cellules ATM, encapsulées en AAL 5.

LEC (LAN Emulation Client), LES (LAN Emulation Server) et BUS (Broadcast and Unknown Server)

    Commençons par le cas d'un réseau ethernet simple ne comportant qu'un unique VLAN. Dans ce cas, le réseau ATM doit offrir un LES et un BUS. Tout équipement ethernet relié au réseau ATM comporte alors un LEC, qui, lors de son intialisation, établit avec le LES et le BUS une connexion qu'il conservera aussi longtemps qu'il le pourra. Ce LEC est l'unique moyen de communication entre l'équipement ethernet et le réseau ATM. Un exemple typique est celui d'un switch ethernet pourvu d'un module ATM, qu'il considère simplement comme l'un de ses ports. En général, ce port sera configuré pour être un port backbone, c'est-à-dire un port sur lequel sont envoyés les paquets dont l'adresse MAC destination est inconnue du switch. Ainsi, lorsque le switch reçoit un paquet, il le redirige vers le port concerné si l'adresse MAC destination lui est connue, ou vers le LEC si elle lui est inconnue. Il est ensuite du ressort du LEC de faire parvenir le paquet à bon port. Un autre exemple est celui d'une simple station de travail pourvue d'une carte ATM et dont l'administrateur a décidé pour une raison ou une autre qu'elle utiliserait LANE plutôt que MPOA. Lorsque cette station doit envoyer un paquet sur le réseau, elle confie celui-ci à son LEC, qui prend la suite des opérations en charge.

    L'un des deux problèmes du LEC est donc le suivant : connaissant une adresse MAC, obtenir l'adresse ATM du LEC connaissant cette adresse MAC destination. Il suffit ensuite d'établir une connexion avec cet autre LEC et de lui envoyer le paquet. Le second problème du LEC est de faire parvenir à tous les LECs (ne pas confondre LECs, qui est le pluriel de LEC, et LECS, dont je parlerai plus tard) du réseau les paquets dont l'adresse MAC de destination est l'adresse de broadcast FF:FF:FF:FF:FF:FF.

    Pour aider les LECs à mener cette tâche à bien, le réseau ATM doit, comme expliqué plus haut, fournir un LES et un BUS. Ceux-ci peuvent faire partie d'un switch ATM ou être des équipements séparés. Lors de son initialisation, chaque LEC établit une connexion avec le LES et s'enregistre auprès de lui en tant que LEC. Ensuite, lorsqu'un LEC doit faire parvenir un paquet à un autre LEC, il interroge le LES (au moyen d'une requête ARP) en lui fournissant l'adresse MAC de destination. Le LES à son tour interroge les LECs et obtient l'adresse ATM du LEC qui connaît cette adresse MAC, et la renvoie au LEC qui la lui a demandée. Le LEC tient ainsi à jour deux tables : la table ARP, qui à une adresse MAC, associe une adresse ATM, et la table de connexion, qui a une adresse MAC, associe un ou deux VCN (selon que ceux-ci sont utilisés ou non de manière bidirectionnelle).

    Enfin, lorsque le LEC doit faire parvenir un paquet broadcast ou de multicast à plusieurs autres LECs, il envoie ce paquet au BUS, qui travaille de concert avec le LES et est donc en mesure de transmettre le paquet à tous les autres LECs. Comme l'AAL 5 ne permettrait pas de savoir à quel paquet ethernet appartiennent les différentes cellules que le LEC recevra du BUS, le BUS attend d'avoir reçu l'intégralité du paquet dans ses buffers avant de l'envoyer au LEC. Ce fonctionnement permet d'éviter toute confusion entre des paquets broadcast ou multicast en provenance de LECs différents. Un autre rôle du BUS est de transmettre les paquets unicasts lorsque la connexion entre deux LECs n'est pas encore établie, c'est-à-dire le temps que la requête ARP soit executée, ce qui permet de gagner du temps. Ainsi, les premiers paquets qui transitent entre deux LECs passent d'abord par le BUS, puis, une fois que la connexion a pu être établie, l'échange entre les deux LECs se fait directement.

Connexion de deux LECs

Fonctionnement de LANE

    Un dernier point à éclaircir est la manière dont les connexions entre le LEC et le LES et le BUS s'établit. Le LEC a deux moyens de trouver le LES : soit son administrateur lui a donné l'adresse ATM du LES, soit il utilise le LECS, comme je l'expliquerai au paragraphe suivant. Enfin, lorsqu'il s'enregistre auprès du LES, celui-ci lui indique l'adresse ATM du BUS.

Le cas du réseau ethernet à plusieurs VLANs

    Dans le cas où le réseau ethernet gère plusieurs VLANs, le réseau ATM qui relie les équipements ethernet doit en général respecter cette topologie. LANE propose donc l'introduction d'une séparation identique à celle introduite par le VLAN : l'ELAN (Emulated LAN). Chaque VLAN du réseau ethernet correspond de manière généralement unique à un ELAN du réseau ATM. De même que des paquets ethernet ne peuvent pas passer d'un VLAN à l'autre, les paquets ATM ne peuvent pas passer d'un ELAN à l'autre. L'explication précédente concernant LECs, LES, et BUS reste valable, à la différence près qu'il y a un LES et un BUS par ELAN, et que chaque équipement ethernet utilise un LEC par ELAN.

Fonctionnement du LECS (LANE Emulation Configuration Server)

    Un LECS tient à jour une table qui à un ELAN associe une adresse ATM de LES. Ainsi, les LECs peuvent contacter le LES en demandant son adresse ATM au LECS. Ce procédé permet d'utiliser des LES/BUS redondants : en cas de défaillance d'un LES ou du BUS associé, le LECS change de LES, et les LECs passent donc automatiquement sur un autre LES/BUS.

Rôle du LECS

Le fonctionnement du LECS, du LES et du BUS

    Enfin, pour pouvoir contacter le LECS, un LEC tente successivement les trois opérations suivantes :

    La première de ces trois manières de joindre le LECS offre l'avantage de pouvoir utiliser des LECS redondants.

LANE 2

    Voilà, c'est tout pour le protocole LANE 1, mesdamezémessieurs. Un nouveau protocole devrait cependant bientôt voir le jour : LANE 2, le retour de la vengeance, qui, lui, permettra de faire de la Quality of Service, ce qui n'est pas le cas de LANE 1. Ce protocole est d'ailleurs déjà en grande partie au point, seuls les derniers détails de sa spécification sont encore attendus.

Un beau dessin repompé sur la page de Uce pour résumer tout ça et bien situer les différentes couches en LANE

Schéma des différents layers ATM

Pour en savoir plus...

    Les spécifications du protocole ATM sont disponibles gratuitement sur http://www.atmforum.com.

Petit lexique

25,6 Mbps Twisted Pair

    C'est l'un des protocoles physiques utilisables en-dessous de l'ATM.

AFI (Authority Format Identifier)

    C'est le premier octet de l'adresse ATM, il indique auquel des trois formats existants appartient ladite adresse. Il fait partie de la network part.

AREA

    C'est l'un des champs de l'adresse ATM, il identifie une sous-région de du RD. Il fait partie de la network part.

AAL (ATM Adaption Layer)

    C'est l'interface entre les couches logicielles élevées et le protocole de bas niveau permettant la transmission de cellules de 48 octets. L'AAL permet notament de gérer la qualité de service.

ATM (Asynchronous Transfer Mode)

    D4 |_|17i|\/|473 |\|37\/\/0r|< Pr070c013 7|-|47 70rc|-|3z 54 r4c3.

BUS (broadcast and Unknown Server)

    Serveur destiné à gérer les broadcasts et multicasts ethernet dans le cadre de LANE. C'est également lui qui trnasmet les trames ethernet entre deux LECs lorsque la connexion entre ceux-ci n'a pas encore été établie.

CLP (Cell Loss Priority)

    Bit de la cellule ATM qui indique si la cellule doit être conservée de manière prioritaire en cas de congestion ou non.

DCC (Data Country Code)

    C'est l'un des trois formats d'adresses ATM existants. Il est repéré par un AFI égal à 39. Ce format d'adresses ATM est censé attribuer les adresses en fonction du pays et de la région où l'interface est située.

ESI (End Station Identifier)

    C'est le premier champ de la user part de l'adresse ATM.Il est propre à un périphérique donné, c'est l'équivalent des adresses MAC du protocole ethernet.

E-164

    C'est l'un des trois formats d'adresses ATM existants. Il est repéré par un AFI égal à 45. Ce format d'adresses correspond aux numéros de téléphone et aux numéros ISDN.

GFC (Generic Flow Control)

    Les quatre premiers bits de l'en-tête de la cellule ATM en UNI. Ils sont destinés au contrôle de la congestion, mais leur signification exacte n'a pas encore été précisée par le forum ATM.

HEC (Header Error Control)

    Champ de l'en-tête de la cellule ATM destiné à détecter et éventuellement corriger les erreurs de transmission dans ce header.

ICD

    C'est l'un des trois formats d'adresses ATM existants. Il est repéré par un AFI égal à 47. Ce format d'adresses est hiérarchisé par organisations. C'est le format par défaut sur les équipements 3com.

ILMI (Interim Local Management Interface)

    Ce protocole permet à une interface de s'enregistrer auprès du switch auquel elle est reliée. Il s'appuie sur l'UNI. Comme l'indique son nom, il a été développé en attendant mieux... Il utilise en principe le VCN 0:16 (ie VPI=0, VCI=16), bien que cette caractéristique soit configurable sur certains équipements.

LAN (Local Area Network)

    Ce terme désigne un réseau dont l'extension géographique est peu importante, par opposition au WAN.

LANE (LAN Emulation)

    C'est le protocole permettant à des équipements ethernet pourvus d'interfaces ATM d'échanger des données à travers un réseau ATM.

LEC (LAN Emulation Client)

    Interface permettant à un équipement ethernet de connecter son ou ses VLANs à un ELAN d'un réseau ATM.

LECS (LANE Configuration Server)

    Serveur indiquant à un LEC l'adresse à laquelle il trouvera le LES.

LES (LAN Emulation Server)

    Serveur permettant à un LEC de savoir à quel autre LEC il doit envoyer un paquet ethernet, l'adresse MAC destination de ce paquet étant donnée.

MIB (Management Information Base)

    Structure de données utilisée par le protocole SNMP et dans laquelle sont stockées toutes les informations auxquelles ce protocole permet d'accéder.

MPOA (Multi Protocol Over ATM)

    C'est le protocole permettant d'implémenter le protocole IP au-dessus d'un réseau ATM.

NNI (Network to Network Interface)

    C'est le protocole de bas niveau permettant d'acheminer des cellules entre deux noeuds non-extremaux du réseau ATM. On utilise également le protocole UNI au même niveau logique entre deux noeuds dont l'un est extrêmal.

OAM (Operation And Maintenance)

    Processus par lequel les VCNs sont propagés d'un noeud du réseau ATM à l'autre lors de la connexion.

PAD

    Octets de bourrage de valeur 0 éventuellement ajoutés au PDU pour que le trailer AAL 5 soit effectivement en fin de cellule.

PTI (Payload Type Indicator)

    Champ de la cellule ATM indiquant la nature des données contenues par la cellule (données de management ou données utilisateur, indication de congestion, type de SDU ou OAM,...).

PVC (Permanent Virtual Connection)

    Connexion établie de manière permanente entre deux noeuds du réseau.

Q2931 UNI signaling

    C'est le protocole qui permet d'établir les SVC.

RD (Route Domain)

    C'est l'un des champs de l'adresse ATM. Il identifie la région géographique où est située l'interface.

SDU (SAR Data Unit), aussi dit SAR-PDU

    Ce sont les 48 octets de données contenus dans une cellule ATM transportant des données utilisateur.

SEL (Selector)

    Ce champ est le deuxième et dernier champ de la user part de l'adresse ATM.

SNMP (Simple Network Management Protocol)

    Protocole permettant de surveiller et de configurer divers équipements informatiques via le réseau.

SONET (Synchronous Optical NETwork)

    C'est le protocole physique le plus courament utilisé en-dessous de l'ATM.

SVC (Switched Virtual Connection)

    Connexion établie dynamiquement entre deux utilisateurs terminaux du réseau.

TAXI

    L'un des protocoles physiques utilisables en-dessous de l'ATM.

UNI (User to Network Interface)

    C'est le protocole de bas niveau permettant d'acheminer des cellules d'un utilisateur terminal du réseau ATM à un noeud non-extremal de ce réseau. On utilise également le protocole NNI au même niveau.

VC (Virtual Channel)

    C'est la connexion entre deux noeuds du réseau ATM, le circuit virtuel par lequel vont transiter les données entre deux interfaces du réseau ATM.

VCI (Virtual Channel Identifier)

    Ce sont les bits de poids faible du VCN.

VCN (Virtual Connection Number)

    C'est un nombre composé de deux sous-nombre, le VPI et le VCI. Il identifie un VC de manière unique pour une interface d'un noeud du réseau ATM donnée.

VP (Virtual Path)

    Les liens physiques sont décomposés en Virtual Paths, eux-mêmes décomposés en Virtual Channels. Le triplet lien physique, Virtual Path, Virtual Channel identifie une connexion de manière unique. Il est repéré par le VCN.

VPI (Virtual Path Identifier)

    Ce sont les bits de poids fort du VCN. Ils identifient le VP.

WAN (Wide Area Network)

    Ce terme désigne un réseau dont l'extension géographique est importante, par opposition au LAN.