Résumé
Avec GNU Privacy Guard (
GnuPG) et un bon programme de messagerie électronique comme
Mozilla (web+email) ou
Mozilla Thunderbird (email seulement), vous pouvez vraiment avoir des conversations par email
sécurisées, en utilisant des programmes d'excellente qualité et libres. Les emails simples ont, en effet, deux gros problèmes : ils ne sont ni
authentifiés (vous pouvez prétendre être n'importe qui quand vous envoyez un email, ce qui est utilisé par les spammeurs et les virus), ni
chiffrés (n'importe qui sur le trajet que prend votre email, entre vous et votre correspondant, peut le lire). Avec la signature et le chiffrement des emails par GnuPG, vous pouvez être sûr que vos messages proviennent bien de la personne qu'ils prétendent, et que vous serez les seuls à avoir accès à votre correspondance !
Installer GnuPG et
Enigmail (un plugin qui permet aux clients de messagerie Mozilla de sécuriser les emails avec GnuPG) est une question de minutes, regardons comment faire : allez à la partie
Windows™ si vous utilisez ce système d'exploitation, ou à la partie
GNU/Linux (et autres parents d'Unix) si vous utilisez une distribution GNU/Linux ou un parent même éloigné d'
Unix :-)
Table des matières
Nouveautés à propos de cette page
28 novembre 2004
Grâce à une nouvelle version d'Enigmail (
0.89.0), vous n'avez désormais plus du tout besoin de la
ligne de commande ! (certaines personnes semblent en effet y être allergiques :-) Voir
cette capture d'écran et les suivantes pour découvrir cette nouvelle fonctionnalité ; bien entendu, le guide a été également mis à jour partout où l'on conseillait d'abord d'utiliser la ligne de commande (en particulier pour
signer une clé). De plus, son installation sous
Mozilla Thunderbird est deux fois plus simple qu'avant car il n'y a plus qu'un
plug-in à installer au lieu de deux.
1er octobre 2004
24 Septembre 2004
Première version française de la page.
Si vous avez Microsoft Windows™
- Récupérez GnuPG pour Windows™ ici (vous y trouverez la dernière version compilée pour Windows sous forme de .zip).
- Décompressez-le dans le répertoire
C:\gnupg
- C'est tout !
- Vous aurez besoin de Mozilla ≥ 1.6 (de préférence ≥ 1.7.3) ou Mozilla Thunderbird ≥ 0.4 (de préférence ≥ 0.9) pour utiliser les dernières versions d'Enigmail — par ailleurs, les versions les plus récentes de Mozilla et Mozilla Thunderbird corrigent plusieurs bugs importants. Si vous n'avez pas encore l'un des ces clients emails, vous pouvez les télécharger (gratuitement bien évidemment) au moyen des liens indiqués au début de ce paragraphe, ou vous pouvez essayer de suivre le reste de ce guide avec une version antérieure d'Enigmail pour Mozilla 1.4.x ou Netscape 7.1 si vous ne voulez ou pouvez le mettre à jour ; cependant mes indications et captures d'écrans peuvent alors différer légèrement de ce que vous trouverez.
- Allez ensuite sur la page de téléchargement d'Enigmail (elle est en anglais mais on peut s'y retrouver :-), qui essaiera de détecter la version de système d'exploitation et de navigateur web que vous utilisez. En fonction du client email que vous utilisez, vous devrez :
- Pour le client email Mozilla, cliquer sur le bouton
Install en-dessous du titre Express install (si vous visitez cette page avec le navigateur web Mozilla).
- Pour le client mail Mozilla Thunderbird, aller en bas du tableau des téléchargements, et télécharger (en faisant un clic droit sur le lien, et en sauvegardant dans
C:\Program Files par exemple) le seul fichier dans la rangée 0.9 : v0.89.0.xpi (ou supérieur). Ensuite, lancez Thunderbird, allez dans Outils (barre de menus) / Extensions et cliquez sur Installer pour installer ces deux fichiers. Vous devez maintenant fermer Thunderbird...
- Si vous voulez une interface qui vous parle en français, vous devez enfin installer un Language Pack français pour Enigmail (trouvable facilement sur cette page). La procédure à répeter est similaire à celle du paragraphe précédent : sous Mozilla, cliquez sur le bouton Install de la ligne French (FR) du premier tableau, et sous Thunderbird, téléchargez le fichier correspondant (probablement nommé
enigmail-fr-FR-0.8x.xpi) sur votre disque, et installez-le via le gestionnaire d'extension.
- Maintenant vous pouvez lancer (à nouveau) votre client email, et il sera prêt pour Enigmail et GnuPG ! Nous pouvons maintenant passer à la phase de configuration...
étape optionnelle : Installer une des interfaces graphiques de gestion de clés WinPT ou GPGshell
Note : Enigmail s'occupera de la génération de
paires de clés, et d'à peu près toutes les fonctions
ayant trait aux emails dont vous aurez besoin ; en particulier depuis sa version
0.89.0 elle permet aussi d'importer, exporter et
signer des clés. Pour les rares choses qu'elle ne fait pas (signature / chiffrement / vérification de signature de fichiers non contenu dans des emails) et dont vous pourriez avoir besoin, vous pouvez utiliser
l'interface GnuPG en ligne de commande presentée ci-dessous. Allez donc directement à la
partie Enigmail si vous me faites confiance, ou continuez à lire cette partie si vous pensez vraiment en avoir besoin (ou si vous avez besoin de pouvoir chiffrer, signer ou vérifier le presse-papier d'un seul clic, ce qui est utile pour utiliser GnuPG à travers des comptes de
webmail comme
Hotmail ou
Gmail) .
La suite
WinPT comprend :
- GnuPG 1.2.1,
- WinPT tray, un programme qui reste dans la zone de notification Windows™, et vous permet de signer/chiffrer facilement des fichiers ou même le contenu du presse-papier,
- Une interface graphique de gestion de clés, accessible via WinPT tray,
- Des plugins pour les lecteurs d'emails Eudora et Outlook Express, et pour l'explorateur Windows™,
- Une bonne documentation de 42 pages.
GPGshell est une autre
GUI pour GnuPG sous Windows™ qui fonctionne avec une version récente de GnuPG (1.2.5), mais malheureusement elle n'est pas open-source. Vous pouvez cependant l'essayer, si vous ne savez pas ou ne voulez pas utiliser
l'interface GnuPG en ligne de commande pour des opérations telles que
signer une clé.
Si vous avez GNU/Linux (ou un autre parent d'Unix)
Note pour les utilisateurs d'autres systèmes que GNU/Linux : il semble exister des versions d'Enigmail pour Solaris, Mac OS X, NetBSD, FreeBSD et OpenBSD (voir la liste des
versions téléchargeables d'Enigmail qui s'affiche par le bouton
Show all operating systems). Je ne peux malheureusement pas tester Enigmail (et même Mozilla) sur tous ces autres systèmes d'exploitation que GNU/Linux et garantir qu'ils fonctionneront sans problèmes pour vous ; c'est pourquoi vos retours (par
email) sont ici bienvenus !
Puisque la méthode d'installation dépend de votre distribution GNU/Linux, je ne détaillerai pas tous les moyens d'installer les trois composants dont nous avons besoin ici (GnuPG, qui est sûrement déjà installé + Mozilla Seamonkey ≥ ou Mozilla Thunderbird ≥ + Enigmail). Mais vous utilisez déjà GNU/Linux, donc je présume que vous trouverez un moyen d'installer ces trois programmes :)
Si vous utilisez
Debian, je peux déjà vous dire que
apt-get install mozilla-thunderbird-enigmail sera suffisant pour installer GnuPG, Mozilla Thunderbird et son plugin Enigmail :)
Une fois que vous avez installé
- Mozilla Seamonkey ou Mozilla Thunderbird
- GnuPG
- et bien sûr Enigmail,
vous pouvez continuer à suivre ce guide.
étape optionnelle : Installer une interface graphique de gestion de clés
J'ai tendance à penser que ce n'est pas nécessaire, d'une part parce qu'en brave utilisateur de GNU/Linux, quelques mots par-ci par-là en ligne de commande ne devrait pas vous faire peur ;-), mais aussi parce qu'Enigmail permet depuis peu de faire la grande partie des opérations de gestion de clé par elle-même ! Voici quand même, au cas où, quelques
GUIs sympathiques et apparemment fiables disponibles pour compléter Enigmail et/ou
l'interface gpg (notons aussi que si vous utilisez de temps en temps un
webmail tel que
Hotmail ou
Gmail, leurs fonctionnalités de manipulation du presse-papier ou du texte de la fenêtre en cours peuvent aussi se réveler utiles) :
- KGPG si vous êtes un fan de KDE,
- Seahorse si vous êtes un accro à Gnome,
- GPA si vous voulez essayer cette interface graphique hébergée par GnuPG.org et ayant pour objectif d'être le standard sous GNU/Linux.
Dans les deux cas : Configurer facilement GnuPG et Enigmail au moyen de l'interface graphique d'Enigmail
Maintenant vous avez accès aux fonctionnalités et options de configuration de messagerie sécurisée par GnuPG au moyen du menu Enigmail dans votre client email.
Mettons ceci en pratique !
(note : les captures d'écrans ont été faites avec Thunderbird, mais l'interface de Mozilla n'est pas fondamentalement différente)
- Dans le menu Enigmail, allez dans le menu Preferences :
Cliquez sur cette image pour la voir en taille réelle
- Avec l'aide du bouton Browse, indiquez le chemin d'accès à
gpg (par exemple C:\gnupg\gpg.exe sous Windows™ ou /usr/bin/gpg sous GNU/Linux).
Cliquez sur cette image pour la voir en taille réelle
- Les autres options par défaut sont bonnes, vous pouvez maintenant fermer la boîte de dialogue des préférences.
- Ensuite dans le menu Enigmail, cliquer sur "Generate Key".
Cliquez sur cette image pour la voir en taille réelle
- La configuration est extrêmement simple : une boîte de dialogue vous permettra de choisir entre les différents comptes pour votre identité, ainsi vous n'aurez pas à taper vos nom et adresse email vous-même. Note : ne vous inquiétez pas si vous avez plusieurs adresses email : vous pouvez ajouter plusieurs identités, ou "User IDs", à votre paire de clés, avec la commande Add user ID du gestionnaire de clés d'Enigmail, ou encore
gpg --edit-key emaildevotreIdentitéPrincipale, puis adduid en ligne de commande.
- Ainsi la seule chose que vous avez besoin de remplir maintenant est une phrase de passe (sous-entendu : un mot de passe assez résistant). Faîtes-y attention ! Elle doit être suffisamment complexe, de manière à ce que personne ne soit capable de la deviner (plus de 7 caractères variés — pas seulement des minuscules, pas seulement des chiffres —, sans aucun mot du dictionnaire), mais rappellez-vous que vous perdrez accès à tous les emails chiffrés que vous avez reçus et conservés sous forme chiffrée si vous la perdez !
Cliquez sur cette image pour la voir en taille réelle
Allons-y ! (ou signer et chiffrer vos premiers messages)
Maintenant vous pouvez signer (avec l'icône de crayon ou le bouton OpenPGP de la barre d'outils ou un raccourci clavier) ou chiffrer (avec l'icône de cadenas ou le bouton OpenPGP de la barre d'outils ou un raccourci clavier) vos messages au moyen des nouvelles icônes présentes dans le coin inférieur droit de vos messages ! Vous pouvez voir ces boutons dans la capture d'écran suivante (les icônes de stylo et de clé sont anciennes sur cette image, et ont depuis été remplacées par un crayon et un cadenas) :
Cliquez sur cette image pour la voir en taille réelle
Et maintenant ?
Vous venez juste d'apprendre quasiment tout ce qu'il y a à savoir pour envoyer et recevoir des emails sécurisés au moyen d'Enigmail ! La seule chose qu'il reste à faire est de
construire votre "réseau de confiance" (en anglais "web of trust"), ce que vous pouvez encore faire grâce à Enigmail, car il vous permet d'importer, exporter et
signer les
clés publiques d'autres utilisateurs. Voici donc les étapes qui vous restent :
- Retournons aux sources pour 10 minutes : cela vous fera sans doute du bien de lire mainteant le glossaire, même si vous y avez déjà jeté un coup d'oeil précedemment.
- Ensuite trouvez quelques personnes pour communiquer de manière sécurisée ! Vous pouvez soit :
- envoyer l'adresse de ce guide (ou un des liens ci-dessous) à vos amis et aidez les à commencer eux aussi, ou
- m'envoyer simplement un email, chiffré et/ou signé comme vous voulez, et je vous enverrai une réponse sécurisée.
Note à propos de la signature, et des réponses chiffrées : je signerai évidemment ma réponse, mais je ne serai capable d'également la chiffrer que si j'ai votre clé publique ! Pour que j'aie votre clé publique, vous pouvez soit :
- l'envoyer à un serveur de clés
- en tapant directement en ligne de commande
gpg --send-key votreNomOuVotreEmail,
- ou en exportant votre clé publique dans un fichier via la commande Export to file du gestionnaire de clés d'Enigmail, puis en envoyant ce fichier à un serveur de clés via son interface web,
- ou l'insérer dans votre message (avec la commande Insert public key du menu Enigmail, par exemple, à laquelle correspond la commande Import public key que j'utiliserai pour récuperer votre clé dans ce message).
Sans votre clé publique, n'oubliez pas que je serai incapable de vérifier votre signature et de vous envoyer des emails chiffrés :-)
Si vous voulez m'envoyer quelque chose de chiffré : comme vous apprendrez à vous en rappeler, vous pouvez seulement m'envoyer quelque chose de chiffré si vous connaissez déjà ma clé publique. En outre, Enigmail ne vous laissera pas chiffrer quelque chose pour quelqu'un si vous n'avez pas déjà signé sa clé publique (à moins de cocher la case Always trust user ID dans les préférences, ce qui n'est pas recommendable). Il n'y a en effet pas beaucoup de sécurité si vous chiffrez quelque chose avec une clé en laquelle vous n'avez pas confiance du tout ; vous devez donc signer la clé de la personne à qui vous désirez envoyer un email chiffré. Il devrait donc y avoir deux étapes :
- obtenir ma clé publique : si vous me demandez de vous envoyer un email signé, vous serez capable d'importer ma clé au moyen d'Enigmail; mais si vous voulez chiffrer maintenant l'email que vous allez m'envoyer, alors récupérez ma clé publique soit :
- depuis un serveur de clés, en tapant simplement
gpg --recv-keys 0xE328FFF0 en ligne de commande,
- ou depuis un fichier de ce serveur web ou j'ai exporté ma clé publique: clem.asc (à enregistrer sur votre disque). Vous pouvez ensuite l'importer dans votre trousseau soit par la commande Key / Import from file du gestionnaire de clés d'Enigmail, soit par la ligne de commande
gpg --import-key clem.asc.
- la signer : vous n'avez pas besoin de dire à d'autres personnes que vous avez confiance dans ma clé publique (tant que nous ne nous sommes pas rencontrés :) , vous pouvez donc faire une signature non-exportable de ma clé avec une de ces méthodes:
- en ligne de commande, avec
gpg --lsign-key 0xE328FFF0 (l correspond ici à local).
- ou via le gestionnaire de clés (Key manager) d'Enigmail, et sa commande signer cette clé (sign key), comme on le voit sur la capture d'écran suivante (cochez locally (non-exportable) si vous ne voulez pas risquer d'envoyer votre signature sur un serveur de clé) :
Cliquez sur cette image pour la voir en taille réelle
Finalement vous serez capable de chiffrer vous emails, comme illustré par la capture d'écran suivante :
Cliquez sur cette image pour la voir en taille réelle
- chercher après vos amis sur un serveur de clés, ou via
gpg --search-keys nomOuEmailDeVotreCorrespondant, or via leur page web s'ils en ont une... pour voir s'ils n'auraient pas déjà une clé PGP !
- Ensuite, d'un point de vue pratique, vous n'aurez plus qu'à vous familiariser avec la recherche, la récupération et la signature des clés publiques de vos correspondants, au moyen de serveur de clés ou non, et au moyen d'une GUI comme celle d'Enigmail ou en utilisant l'interface GnuPG en ligne de commande, qui est présentée maintenant :
Petit guide du programme GnuPG (= interface en ligne de commande)
Depuis Enigmail version
0.89.0, vous pouvez importer, exporter et signer des clés par une interface graphique accessible par le menu Enigmail :
Cliquez sur cette image pour la voir en taille réelle
Vous n'avez donc plus à apprendre absolument à utiliser cette interface, ou à recourir à une autre interface graphique !
Tout d'abord, si vous utilisez Windows™, vous n'aurez pas accès à GnuPG en tapant juste
gpg en ligne de commande jusqu'à ce que vous mettiez le répertoire où vous avez installé
gpg.exe dans votre variable d'environnement
PATH. C'est expliqué sur
cette page (en anglais), si vous ne savez pas comment faire.
Ensuite, pour découvrir les commandes de GnuPG, vous avez au moins deux options :
gpg --help ou la
page man, accessible via
man gpg sous GNU/Linux ou
en ligne (en anglais) sous Windows™ et GNU/Linux. Également disponible,
le manuel de GNU Privacy Guard (en français). Les commandes sont généralement intuitives pour qui connaît l'anglais, par exemple
gpg --sign-key nomOuIdDuneCléPublique permet de
signer la clé d'un correspondant (sinon ils ne seront pas certifiés et apparaîtront comme "UNTRUSTED" dans Enigmail), ou encore
gpg --edit-key idOuNomOuPartieDelEmail qui est une interface à beaucoup de commandes relatives aux clés de votre 'trousseau'. Tapez
help dans le mode
gpg --edit-key pour connaître toutes les commandes disponibles dans cette interface.
Note : si vous utilisez Windows™, vous pourriez vouloir créer un fichier texte nommé
gpg.conf dans le répertoire de GnuPG (
C:\Program Files\GnuPG\gpg\ si vous avez suivi ce guide), contenant simplement "
keyserver x-hkp://random.sks.keyserver.penguin.de". Sous GNU/Linux, ce fichier peut déjà exister dans le sous-répertoire
.gnupg de votre home, mais le mot-clé
keyserver peut être suivi d'une autre adresse que
random.sks.keyserver.penguin.de. Je recommande de mettre
keyserver x-hkp://random.sks.keyserver.penguin.de devant les autres lignes éventuelles, puisque random.sks.keyserver.penguin.de est la meilleure adresse de
serveur de clés que j'ai trouvée (
plus de détails à propos du réseau de serveurs de clés vers lequel pointe cette adresse,
interface web à ce réseau de serveurs de clés). En fait, Enigmail lui-même utilise aussi cette adresse, quand il a besoin d'un
serveur de clés pour récupérer des clés (publiques) !
Glossaire
- Paire de Clés
-
Une paire de clés est composée de :
- Votre clé publique, que vous pouvez donner à n'importe qui (ou même la publier sur un serveur de clés, voir pourquoi) : elle permet aux gens de vous authentifier et de vous envoyer des emails ou fichiers confidentiels chiffrés (bien evidemment vous pouvez vous en servir pour des messages non-confidentiels ;-).
- Votre clé privée, que vous ne devez jamais donner à personne : elle vous permet de signer (ou de vous authentifier), et de déchiffrer les emails ou fichiers chiffrés que les gens vous ont envoyés (ou que vous avez chiffrés pour vous-même).
Votre clé publique peut contenir des renseignements à votre sujet, comme votre nom, votre email, un commentaire (par ex.
“Clé professionnelle” ou
“clé de haute sécurité, ne l'utilisez pas quand vous voulez me joindre en voyage”), et même des signatures d'autres personnes qui certifient que vous êtes vous (ou du moins ce qu'ils pensent que vous êtes :). En fait, ce texte, par exemple
“Jean Dupont (clé personnelle) <jean_dupont@unfai.com>”, est appelé un
User ID, et si vous avez plusieurs adresses emails vous pouvez attacher plusieurs user IDs à votre paire de clés.
Pourquoi et comment publier votre clé (publique) : Aussitôt que vous savez que les emails sécurisés sont bons pour vous (ce que vous savez probablement maintenant que vous avez presque atteint la fin de ma page ;-), vous
devriez publier votre clé publique sur un
serveur de clés (avec le menu
Key / Export to file du gestionnaire de clé d'Enigmail puis en utilisant l'interface web d'un serveur de clé, ou avec l'unique ligne de commande GnuPG
gpg --send-key votreNom) ; de cete manière il sera plus facile pour les gens de savoir qu'il y a un moyen sécurisé de communiquer avec vous, et aussi cela sera plus facile pour eux de
signer votre clé ou de vérifier votre signature sur d'autres clés.
Au cas où vous voudriez savoir, à des fins de backup par exemple, voici les fichiers qui contiennent respectivemment votre clé privée, et votre clé publique plus vos user IDs et photo, en résumé votre identité publique :
secring.gpg et pubring.gpg.
- Clé publique, clé privée (plus de théorie)
En résumé, vous devez savoir que la clé publique est utilisée pour verifier ce qui a été signé par la clé privée, et pour chiffrer des messages et des fichiers que seule la clé privée sera capable de déchiffrer. Evidemment, vous devez garder votre clé privée pour vous-même, mais comme la clé publique associée ne peut pas être utilisée pour deviner votre clé privée, vous pouvez publier votre clé publique comme vous voulez.
- Serveur de clés
-
La plupart des utilisateurs de GnuPG ou PGP rendent leur(s) clé(s) accessible(s) (pas la partie privée evidemment ;-) sur un
serveur de clés, ce qui est un moyen facile de centraliser et de trouver des clés. Même si beaucoup de serveurs de clés existent aujourd'hui (certains avec plus de possibilités que d'autres), la plupart d'entre eux sont synchronisés pour des raisons d'uniformité et de redondance. Certaines adresses correspondent à un seul serveur de clés, d'autres pointent sur un ensemble de serveurs synchronisés, comme
random.sks.keyserver.penguin.de, et la plupart d'entre eux ont une
interface web comme celle-ci en plus d'une interface PGP (celle que vous utilisez au moyen d'Enigmail ou d'instructions en ligne de commande comme
gpg --search-keys ou
gpg --send-keys).
Note : vous pouvez faire en sorte que gpg (en ligne de commande) utilise le(s) même(s) serveur(s) de clés qu'Enigmail, en ajoutant des lignes comme keyserver x-hkp://random.sks.keyserver.penguin.de dans gpg.conf dans votre répertoire de profil GnuPG. De cette manière, les instructions comme gpg --send-key votre@email utiliseront automatiquement ces serveurs de clés récents.
- Signer une clé
Quand vous recevez des emails ou des fichiers signés par une personne ou une organisation, rien ne vous dit qu'ils ont réellement été signés par la personne ou l'organisation désignée par le nom indiqué sur la clé (au fait, quand nous ne le précisons pas, nous parlons de la partie
publique de la paire de clé). Vous devez aussi établir que la paire de clés est bien entre les mains de la personne à qui vous voulez envoyer les messages ou les fichiers sécurisés, parce que cela n'aurait pas de sens de chiffrer un message avec une clé publique si cette clé publique n'est pas celle de votre correspondant ! Ce que vous
devez faire avant de faire confiance à quelqu'un est de la
vérification d'authenticité comme :
- Pour une personne, soit :
- Si vous la connaissez personnellement, demandez lui l'empreinte de sa clé au téléphone !
- Vous pouvez evidemment également vous échanger vos empreintes de vive voix.
- Finalement, si vous ne les connaissez pas (encore), vous pouvez avoir une première idée de leur véritable clé s'ils ont un site web et qu'ils mettent leur clé ou leur empreinte dessus. Par exemple, vous trouverez ici les clés et empreintes de Philip Zimmermann, le développeur originel de PGP.
- Pour une organisation, vous pouvez aussi vérifier leur clé sur leur site web (exemples : Microsoft Security Notification Service key, US-CERT key, Linux kernel key).
- Et dans les deux cas, vous pouvez vérifier l'authenticité de la clé au moyen de votre réseau de confiance, qui est la relation de confiance entre vous et la clé publique qui vous intéresse. Exemple : vous faites entièrement confiance à Bob pour signer des clés, et Bob a signé la clé d'Alice avec une valeur de confiance 'complète'. Vous allez donc considérer la clé d'Alice comme valide ! Un autre exemple : vous faites confiance à Bob et à Chris, et ils ont tous les deux signés la clé d'Alice avec une valeur de confiance 'marginale'; vous pouvez donc considérer également la clé d'Alice comme valide.
Une fois que vous avez vérifié l'authenticité d'une clé, idéalement dans la vie réelle (par exemple en rencontrant ou en donnant un coup de téléphone à quelque que vous connaissez et en notant son empreinte, ou en allant à une
key signing party et en vérifiant l'identité des personnes et leurs empreintes PGP), vous pouvez utiliser Enigmail (voir
paragraphe suivant) ou lancer
gpg --sign-key userID pour concrétiser votre confiance dans cette identité en
signant sa clé publique. Ainsi la clé deviendra valide pour vous (et il n'y aura plus de point d'interrogation au-dessus du symbole 'signé' dans Enigmail),
et vous pourrez dire à tout le monde (en particulier les gens qui ont confiance en vous) que vous avez confiance dans cette clé en l'uploadant avec votre signature sur le
serveur de clé avec
gpg --send-key userID. Quand des gens recevront une clé au moyen d'Enigmail ou de
gpg --search-keys /
gpg --recv-key, ou quand ils recevront les dernières infos au sujet des clés qu'ils connaissent déjà au moyen de
gpg --refresh-keys, ils verront votre signature dessus !
Si vous préférez les interfaces graphiques, vous pouvez simplement utiliser la commande
Sign du gestionnaire de clé Enigmail, comme vous pouvez le voir ici (capture d'écran de la version anglaise) :
Cliquez sur cette image pour la voir en taille réelle
Renseignements complémentaires (liens anglophones et francophones)
More on the protocols
- Wikipedia GnuPG article, which describe this software, the standard it implements, and some GNU/Linux mail clients it's integrated in, like KMail, Evolution, or of course Mozilla mail clients through Enigmail.
- You will find more historical context and details about the OpenPGP principles in the Wikipedia PGP article and its OpenPGP article. By the way, PGP is another implementation of the OpenPGP standards (so GnuPG and PGP can talk to each other !). PGP.com software is more powerful or easier to use on some points, especially if you are using Outlook, Outlook Express, or Eudora... and you can and want to pay for this proprietary solution.
Other guides
- The GNU Privacy Handbook (several formats are available through this gnupg.org page): how to use GnuPG for your secure communication, with a practical, but not too technical, focus. You will find for example some good explanations on how to trust the keys of your keyring, and on what a web of trust is.
- GnuPG Installation and Configuration on Windows: good guide proposed by Enigmail guys.
- Practical Introduction to GPG in Windows: nice guide to learn to use some of the main features of GnuPG on Windows™ (in command line, but don't panic! it's well explained) --even if thanks to Enigmail and this page you won't need all the given commands.
- Serie of five articles on Email Encryption with Thunderbird and Enigmail. It also tells you to install GPGshell for key management on Windows, which may be not necessary. But go there if you really hate command line, or if you want to learn step-by-step to encrypt messages even on you Hotmail account. There is also a positive short comment on WinPT on the same website site.
- Well documented and illustrated GnuPG, Mozilla and Enigmail how-to (watch out: 1.5 megabytes PDF file!)
- Gnu Privacy Guard Mini-Howto (other versions in Dutch, German and in text and postscript here)
- Secure email clients with PGP/MIME: list of emails clients (on GNU/Linux, Windows and MacOS) and their plugins to support PGP inline and PGP/MIME (there are some information and advantages about this cool last method too)
- Installing and Configuring GnuPG in Redhat 9: good guide, especially on the gpg installation and command line usage part.
Liens en Français
- Guide très complet expliquant "Comment crypter vos e-mails" : pourquoi chiffrer ses emails, les principes de bases, installer GnuPG (via WinPT) en Français, ou PGP en anglais, Foire Aux Questions, et liens vers différents plugins pour nombre de clients emails, sous GNU/Linux, Windows et MacOS X.
- Guide illustré pour installer GPG et Enigmail (traduit en Français !) avec Mozilla en 12 étapes : plus simple, et appliqué que le précédent, mais fournit moins de choix et d'explications de fond.
- Chiffrer son courriel avec Mozilla Thunderbird et Enigmail : analogue du lien précedent pour Thunderbird cette fois ; avec autant de copies d'écran mais davantage d'explications.
- GnuPG pour Windows™, page avec plein de choses dedans, dont pas mal de screenshots des front-ends GPGshell et WinPT. Sur le même site figurent des explications détaillées pour la génération de clef GnuPG sous Windows, et sur le chiffrement de disque dur sous Windows (via le logiciel de l'auteur du site, Disk Privacy Guard).
- Présentation de la signature électronique : enjeux, théorie et pratique, guide au format PDF assez complet et bien présenté. Comme son nom l'indique, il se focalise sur l'aspect signature des emails, en abordant aussi l'aspect législatif et le standard X509 ("concurrent" d'OpenPGP).
- À propos de loi, voici la réglementation française en matière de fourniture, d'utilisation et d'importation de moyens de cryptologie en France, et la preuve que vous pouvez utiliser GnuPG, et donc Enigmail, sans aucun problème en France, même avec des clefs symmétriques de plus de 128 bits ! (attention : site web souvent offline).
- Enfin, voici les articles francophones de Wikipédia sur GnuPG, PGP et Enigmail.
Other userful links
Support information
Questions, commentaires ? Contactez l'auteur ! (Clément Séveillac (personal email) - PGP key / fingerprint)