Dimensionnement d'une chambre de combustion |
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Géométrie de la chambre de combustion Les matériaux de la chambre de combustion |
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| Ce rapport a été écrit avec Brice AMRAM, Grégoire CHATILLON, Yvan CHIROL, Marie Nathalie CONTOU CARRERE, Jean Philippe GRIMALDI, Vincent JANIN, Guillaume LEFEVRE, Vincent MENDIBOURE, Guillaume REGNAULT, Benoit SPOLIDOR et Malika TARARBIT. | ||||||||||||
| Géométrie de la chambre de combustion. | ||||||||||||
| 1.1 Géométrie basique d'une chambre
de combustion Il est instructif d'examiner brièvement les paramètres qui déterminent la forme de base de la chambre, et qui sont liés à sa fonction principale. La figure (a) montre la forme la plus simple possible pour une chambre de combustion: un tube cylindrique qui relie le compresseur et la turbine.
Cette configuration simpliste ne convient pas, à cause de la perte de charge (perte en pression) trop importante. En effet la perte de charge due à la combustion est proportionnelle au carré de la vitesse de l'air (de l'ordre de 150 m.s-1) : on voit que la vitesse de l'air au niveau de la chambre est un paramètre crucial, et qu'il faut minimiser. A cet effet, on modifie le profil de la chambre, comme le montre la figure (b), en utilisant un diffuseur : ainsi la vitesse de l'air est déjà divisée d'un facteur 5. Mais ce là ne suffit pas, il faut créer une zone de reflux (tourbillons) où la vitesse moyenne de l'air est suffisamment faible pour que la flamme puisse être maintenue, d'où la configuration (c). Enfin, pour obtenir la hausse de température désirée, il faut atteindre un ratio global air/fuel d'environ 50. Pour cela, on place derrière les injecteurs un "liner" (2ème tube, cf figure (d))) perforé de plusieurs séries de trous : la vitesse de l'air reste faible à l'intérieur du liner, la combustion peut se poursuivre et l'air est finalement refroidi.
1.2 Type de la chambre : annulaire Le type annulaire (chambre et liner en anneaux) est retenu pour la chambre de combustion du turboréacteur (cf. ci-dessous la vue d'un réacteur du même type que le CFM 56, où l'on voit bien la chambre et les deux séries de trous). Il s'agit tout d'abord d'une forme très simple, et qui présente un avantage évident : elle ménage un espace au milieu pour laisser passer l'arbre reliant compresseur et turbine. D'autre part, son aérodynamique simple et "pure" donne lieu à des pertes de charges moins importantes que pour d'autres types de chambre, comme le type tubulaire par exemple.
1.3 Structure de la chambre : les différentes zones Comme nous le voyons sur la figure ci-dessous, le flux d'air est donc séparé en deux : une partie du flux est mêlée au centre avec le fuel injecté, l'autre passe à l'extérieur du liner et y repénètre par l'intermédiaire des trous primaires, puis des trous secondaires.
- Zone primaire C'est au début de la zone primaire que sont injectés l'air et le fuel. Sa fonction est d'encrer la flamme et de lui offrir assez de temps, de température et de turbulences (air entrant par les trous primaires) pour assurer sa stabilité et une bonne combustion. - Zone dite "intermédiaire" Cette zone a deux fonctions principales. La première, qui intervient à basse altitude, est le rattraper les pertes de dissociation, qui sont le résultat de l'instabilité chimique des monoxyde et dioxyde de carbone et de l'eau à hautes températures : la présence de cette zone évite en effet de bloquer la composition des gaz par refroidissement brutal à la sortie de la zone primaire. A haute altitude, la concentration d'air et de fuel est moins importante, ce qui fait chuter le taux de réaction et rend donc la combustion incomplète. Ainsi, dans ces conditions, la zone intermédiaire sert principalement d'extension à la zone primaire et la combustion peut se poursuivre. La longueur de la zone intermédiaire doit être un compromis entre la taille de la chambre (que l'on veut minimiser) et son efficacité (que l'on veut maximiser). Dans notre cas, donc pour un avion de croisière, la valeur typique pour cette longueur est d'environ un diamètre de liner (0.5d à 0.7d pour les avions plus petits). - Zone de dilution Le rôle de la zone de dilution est de préserver la turbine qui ne résisterait pas au flux d'air chaud sortant de la zone intermédiaire. Dans cette zone, l'air est refroidi jusquà une température acceptable pour la turbine et surtout de telle manière que sa distribution en température soit homogène (pas de points chauds). L'air de refroidissement entre par les trous secondaires. Le diamètre et le placement de cette dernière zone doivent être choisis afin d'optimiser le mélange des gaz.
1.4 Dimensionnement Après avoir vu les différentes parties de la chambre de combustion et leur rôle respectif, on va sintéresser aux différentes relations et méthodes qui permettent de définir la géométrie et les dimensions de la chambre. 1.4.1 La zone primaire Le rôle principal de cette zone est dassurer la stabilité de la flamme, cest à dire quil faut éviter que la vitesse des gaz circulant dans cette zone soit supérieure à la vitesse de flamme de la réaction de combustion. En effet dans le cas contraire, la flamme est soufflée par le déplacement des gaz. Il sagit donc essentiellement de jouer sur la forme de cette zone ce qui permet de modifier les caractéristiques de lécoulement. Pour cela il ny a pas de règles précises et le dessin de la zone primaire se fait de façon empirique. 1.4.2 La zone secondaire La taille de cette partie de la chambre doit permettre la meilleure combustion possible du carburant, cest à dire la combustion la plus complète. Etant donné la vitesse des gaz dans la chambre, le temps de séjour des réactifs doit être supérieur au temps caractéristique de la réaction de combustion. Dans le cas du CFM-56, les normes de pollution constituant une contrainte importante dans la conception de la chambre, il est important en plus des exigences de rendement dassurer une combustion complète. Les zones secondaires de ce type de moteur sont donc relativement longues par rapport aux moteurs militaires par exemple, et on a la relation suivante entre la longueur de cette zone et sa hauteur : L=1.5*D 1.4.3 La zone de dilution Le problème quil faut résoudre dans la conception des chambres de combustion est le suivant : comment obtenir une température homogène et suffisamment faible en entrée de turbine ? Pour obtenir de telles conditions, il faut laisser le temps aux échanges de chaleur entre les gaz chauds et les gaz frais ( cf partie sur le refroidissement ) de se faire. Cette contrainte se traduit par une relation entre les dimensions de la zone de dilution et les différentes températures intervenant dans la chambre. On obtient dans le cas du CFM-56 un rapport entre la longueur et la hauteur de cette zone compris entre 1.4 et 1.6 : 1.4 < L/D < 1.6 Par ailleurs cette dilution est assurée par linjection dun flux secondaire à travers les trous de dilution. Ce flux permet de refroidir et dhomogénéiser la température en entrée de turbine. Ceci dépend donc du nombre de trous, de leur diamètre ainsi que de la vitesse dentraînement des gaz. La relation qui permet de dimensionner lensemble fait donc intervenir les différents débits ( primaire et secondaire ), le nombre de trous et leur diamètre. Cf le graphe suivant :
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| Les matériaux de la chambre de combustion. | ||||||||||||
| 2.1 Introduction La chambre de combustion ainsi que les turbines sont des secteurs stratégiques, car ils sont à lorigine de la limitation de puissance des moteurs (cf. 1ere partie). La température dentrée de la chambre de combustion est de 850°C. Si on pouvait laugmenter jusqu'à 1250°C on obtiendrait 20% de gain sur la poussée du moteur. Il est donc très important davoir des matériaux particulièrement résistant aux hautes températures. Développer de tels matériaux permettrait non seulement daméliorer les performances du moteur, mais aussi de simplifier les systèmes de refroidissement. Ceux qui sont utilisés en aéronautique sont les superalliages à base de nickel et de chrome. Ils satisfont plus ou moins les exigences suivantes :
2.2 Les superalliages utilisés dans la chambre 2.2.1 Les différents types de superalliages Trois types de superalliages sont utilisés en aéronautique pour les parties chaudes. Il s'agit :
La résistance mécanique élevée de ces matériaux s'explique par la combinaison d'éléments différents dans la base de nickel ou de chrome. Trois phénomènes sont tout particulièrement influents :
2.2.2 La composition des superalliages Le tableau ci-dessous présente quelques superalliages ainsi que leurs utilisations spécifiques dans le turboréacteur. Les premières colonnes indiquent la composition de ces matériaux, le B signifiant qu'il s'agit du composé de base. Les dernières colonnes donnent la contrainte qui provoque la rupture par fluage en 1000 h à différentes températures.
Exemples de superalliages utilisés dans les parties chaudes.
La comparaison des performances des alliages à base de nickel et de ceux à base de cobalt suscite une remarque assez surprenante. On préférera employer des alliages à base de nickel dans la chambre elle-même alors que les alliages à base de cobalt semblent plus performants à très haute température. Ceci s'explique d'une part par le fait que les alliages à base nickel sont plus faciles à élaborer et ne nécessitent pas de traitements thermiques. D'autre part, les alliages à base de cobalt sont moins performants à des températures de l'ordre de 800°C. Cependant les alliages à base de cobalt présentent deux avantages :
C'est pourquoi il est intéressant de les utiliser pour les disques de turbines. Le graphique ci-dessous apporte une bonne représentation visuelle des progrès accomplis dans le domaine qui s'accompagnent d'un gain en température donc d'un gain en puissance.
C'est le traitement thermique des alliages qui conditionne leurs propriétés mécaniques. Phases de maintien à températures élevées et trempes modifient la structure interne du matériau ; ainsi apparaissent les précipités g ' et les carbures. Pour de plus amples informations sur le sujet, se reporter à la section matériaux 1° année du rapport.
2.3 La résistance des superalliages 2.3.1 La résistance mécanique Il sagit de voir dans cette partie les particularités qui font que les superalliages sont mécaniquement plus résistants. a) Rôle de la phase g Cest le facteur principal qui correspond au durcissement de la matrice. Voici le mécanisme qui explique ce durcissement : les dislocations produites par le fluage rencontrent, au cours de leur déplacement, ces particules g , quils sont obligés de cisailler ou de contourner, nécessitant une contrainte mécanique supplémentaire. (Voir schéma ci-dessous)
Nous regardons ici leffet dune contrainte sur une intersection de joints de grains (fig. 1). En labsence de phase g (fig. 2), il se forme une cavitation qui pourra être la source dune propagation de fissure si la contrainte est maintenue. En présence de g cette cavitation napparaît pas. Cette phase a en quelque sorte pour effet de "cimenter "les joints de grains entre eux. Les principaux éléments constitutifs de cette phase sont laluminium et le titane. Lefficacité de laction durcissante dépend de la quantité de phases g formée, de sa composition (rapport Al/Ti), et de sa morphologie. Par exemple pour une température de 700°C il est fortement désirable davoir entre les particules de g 50 nm. Pour connaître leffet de la répartition de g dans la matrice, on peut se reporter au graphique suivant :
b) Rôle des carbures Les glissements aux joints de grains sont la principale cause du fluage. Cest pour cela que nous avons introduit la phase g dans la matrice. Seulement comme il ny a plus ou peu de déplacement aux jonctions des joints, la contrainte se reporte sur les joints de grains eux-mêmes. Cest ainsi que la résistance du matériau à phase g est limitée par la fragilité des joints de grains. Pour renforcer ces lignes on utilise des carbures : ceux-ci précipitent dans le joint pendant le traitement thermique. Leur taille étant plus importante que celle des composants de la matrice ils durcissent la ligne de jonction des grains. Pour que leur utilisation soit efficace, il faut en précipiter ni trop, ni trop peu. Sils sont trop nombreux, le superalliage devient fragile à température ambiante. Sils sont en trop petit nombre, la répartition ne sera pas uniforme parmi les joints. Il y aura donc dans la matrice des zones fragiles et dautres qui le seront moins ; ça nest pas souhaitable. On cherchera donc à faire précipiter un nombre de carbures de toutes tailles (meilleure compacité) suffisamment important pour que la répartition soit uniforme. c) Influence de la grosseur des grains Pour des températures inférieures à 700°C des petits grains sont adéquats. Cependant lorsque la température dépasse ce plafond, le grossissement des grains est favorable à la bonne résistance du superalliage. La grosseur des grains doit être homogène pour éviter la présence de gros morceaux qui rendrait en certain point la fragilité excessive. Expliquons succinctement pourquoi la grosseur du grain est favorable à la résistance au fluage : lorsque la structure est grossière, le rapport longueur des joints au nombre de précipité carbure est simplement plus important que lorsque la structure est fine. d) Rôle des différents constituants des superalliages Le tableau ci-après présente leffet de chaque constituant des superalliages sur la résistance à la corrosion et la résistance au fluage.
2.3.2 La résistance à la corrosion Sous leffet dune élévation de température, le métal peut subir une agression de la part du milieu avec lequel il est en contact : air, autre atmosphère gazeuse comme les gaz de combustion. Ce sont les phénomènes de corrosion à haute température. Les matériaux résistant à ce genre de corrosion sont qualifiés de réfractaires. 1) Mécanisme de loxydation Le Cr, le Si, lAl alliés à dautres métaux tels que le Fe ou le Ni leur attribuent la résistance à loxydation due à la formation dune couche doxyde imperméable aux ions métalliques et à loxygène : tous les alliages réfractaires doivent leurs propriétés à ce phénomène. Le mécanisme de loxydation à haute température des aciers réfractaires ou des alliages réfractaires à base de Ni-Cr est complexe :
Leffet protecteur de la couche de Cr2O3 peut satténuer lorsque la température dexposition dans une atmosphère oxydant augmente : la coalescence du film formé fait perdre à loxyde le caractère continu qui le rend protecteur ; de plus, la diffusion du fer modifie la nature de la couche doxyde : il peut y avoir enrichissement notable de Cr2O3 par le fer, les deux sesquioxydes, de fer et de chrome, formant une solution solide, de plus en plus riche ne fer et de moins en moins protectrice. Mais la modification prédominante de la nature de la couche oxydée due à laugmentation de la température est la formation de combinaisons définies et lévolution vers une structure stratifiée complexe. Lexamen microscopique montre alors deux couches doxyde, principalement ; la couche contiguë au métal est du type spinelle, dont la composition varie dune façon continue entre linterface métal-oxyde (composition voisine de FeO. Cr2O3) et linterface séparant cette couche de la couche externe (FeO.Fe2O3). On peut formuler la composition de la couche intérieure de la façon suivante : Fe(3-x).CrxO4 avec x compris entre 0 et 2. La valeur de x varie de façon continue entre 0 et 2. 2) Mécanisme de loxydation pour les alliages à base de nickel Pour les alliages les plus courants NiCrAl, le spinelle Ni(Cr,Al)2O4, NiO et Cr2O3 se forment pendant loxydation au début. Après, Cr2O3 et Al2O3 sont tous les deux présents comme oxydes internes. Les proportions dans lesquelles les éléments sont présents dans les couches internes et externes dépendent de la composition de l alliage : 3 cas :
Le paramètre critique est donc le rapport Cr/Al. La cinétique de loxydation est assez compliquée et dépend de lajout de certains éléments : en particulier, Mo, Nb et W qui ont un effet néfaste sur la résistance à loxydation des superalliages à base de nickel. En général, une bonne résistance à loxydation est associée à la formation de Al2O3 et/ou NiAl2O4. 3) Cas des alliages de cobalt Le Cr assure la résistance à la corrosion à haute température dans le cas des alliages à base de cobalt. Ils contiennent 20-25 % en poids de Cr pour former une couche protectrice de Cr2O3. Lajout dyttrium a un rôle sur la résistance à loxydation à température élevée. 4) Influence des éléments dalliage
Le carbone peut jouer un rôle nocif en réagissant sur loxyde superficiel quil rend poreux et dont il modifie les propriétés tout en détruisant linterface métal-oxyde. Cette réaction se produit au-dessus de 600 °C pour le Fe et au-dessus de 800 °C pour les alliages Ni-Cr 80-20. Dans ces derniers, cette action se manifeste par une diminution de la durée de vie qui atteint près de 50 % lorsque la teneur en carbone passe de 0,05 % à 0,30 %. Le carbone, lazote et loxygène provoquent également une oxydation irrégulière des aciers ferritiques à 25 % de Cr. Le bore est néfaste : présent en très faibles quantités, il scorifie la couche doxyde. Le plomb a le même effet. 5) résistance dans des milieux gazeux autres que lair
Les produits de combustion des différents charbons, des gaz, du mazout, de lessence ont des compositions variables et peuvent être mélangés dans diverses proportions avec lair. Ils contiennent du dioxyde de carbone, de la vapeur deau, du monoxyde de carbone, de lazote, de loxygène, lorsquil y a un excès dair, des produits sulfurés, parfois des hydrocarbures non brûlés. Des réactions doxydation, de carburation, de sulfuration, de nitruration peuvent avoir lieu simultanément. Une première distinction doit être faite entre les gaz de combustion suivant quils contiennent ou non du soufre. Or, tous les combustibles liquides contiennent des proportions appréciables de soufre dont la teneur peut atteindre 0,8 %. Il faut ensuite distinguer si ces gaz sont oxydants ou réducteurs. Avec un excès doxygène la réaction doxydation est alors prédominante, laffinité du fer et des éléments qui sont alliés dans les aciers réfractaires ( sauf le nickel ) étant plus grande pour loxygène que pour le soufre. La résistance à loxydation augmente avec la teneur en Cr. En atmosphère réductrice, il se forme une couche doxyde plus ou moins protectrice liée à la présence de vapeur deau. De plus, on peut observer la formation dune couche de coke sur les parois de lacier, isolant le métal de latmosphère. 6) loxydation à chaud La résistance à loxydation à chaud devient un des facteurs importants qui peut même gouverner la sélection des matériaux pour les turbines à gaz. Il est considéré dans les cas limites sur un pied dégalité avec les propriétés mécaniques. Cest une forme accélérée doxydation liée à la présence dun gaz oxydant mais aussi à celle dun sel fondu sur la surface du composant. Le sel fondu interagit avec loxyde protecteur lui ôtant ce pouvoir protecteur. La plupart du temps, loxydation à chaud est associée à la condensation dun mince film fondu de Na2SO4 sur les superalliages utilisés sur différents composants des turbines à gaz. Le dépôt de Na2SO4 fondu dans les turbines à gaz semble lié à la réaction entre le sulfure résiduel du carburant et le sodium contenu dans ce carburant ou présent dans l air. Une concentration en sel supérieure à 0,01 ppm dans lair semble nécessaire pour amorcer loxydation à chaud. La morphologie de loxydation à chaud diffère dune simple oxydation car il arrive souvent quoxydation et sulfidation soient simultanées. Une couche de particules de sulfide se forme sous une région doxyde poreux. Les sulfides sont presque toujours riches en chrome. Létendue de la couche interne de sulfides peut varier énormément. Parfois, elle semble inexistante ou est une très fine bande. Sous des conditions différentes, il peut se former une large bande. Pour la plupart des matériaux, loxyde externe poreux est loxyde du métal de base : NiO ou CoO. Sous cette zone, une région qui mêle oxyde et sulfide peut exister. Dans de tels cas, loxyde peut être un spinelle Cr2O3 ou Al2O3. Dans ce cas aussi, les sulfides sont riches en chrome. La quantité de chrome est le plus important facteur dans la résistance à loxydation à chaud. Quant aux autres éléments, leurs effets varient, ce qui peut être du aux interactions entre lalliage et le sel. Laluminium a un effet néfaste sur les alliages Ni-Cr. De même, le molybdène et le tungstène sont néfastes sur les alliages à base de Ni pour la résistance à loxydation à chaud. Pour les alliages cobalt/chrome, laluminium et le tantale ont une influence très favorable alors que le molybdène a une action néfaste. 2.4 Dimensionnement : épaisseur de la chambre Nous ferons dans cette partie des calculs grossiers pour établir un ordre de grandeur de lépaisseur de la chambre de combustion : nous considérerons dabord que la chambre de combustion est un tore dans lequel règne une pression de 37 bars. Ensuite, nous assimilerons un tore (pour le calcul des contraintes) à un cylindre refermé sur lui-même. Calcul de la contrainte tangentielle dans un cylindre de longueur l, de rayon R et dépaisseur e :
Assimiler le tore à un cylindre recourber revient à dire que la contrainte dans les parois du tore est la même. e étant lépaisseur du tore, on peut en déduire lépaisseur minimum de la chambre en prenant s q égale à la résistance au fluage .
On obtient donc une chambre dont lépaisseur est 2.6 mm, valeur très probable. La méthode utilisée permet donc bien de donner un ordre de grandeur convenable.
2.5 Conclusion: les avancées récentes Les améliorations récentes consistent principalement en des évolutions de procédés d'élaboration ; notamment la métallurgie des poudres et la solidification dirigée qui ont été abordées l'année dernière. La tenue en service des pièces fonctionnant à haute température est fréquemment limitée par la fragilité aux joints de grains. Si les contraintes ont une direction privilégiée (aubes par exemple), la technique de solidification dirigée apporte une amélioration importante en éliminant lors de la fabrication les joints de grains orientés perpendiculairement aux contraintes. On peut aller plus loin en supprimant la totalité des joints de grains : on sait maintenant faire croître des monocristaux. Pour des pièces de grandes dimensions utilisées à haute température, les techniques classiques de forgeage ou de fonderie sont difficiles à mettre en uvre. La métallurgie des poudres offre une alternative intéressante. Le compactage de billettes d'alliage assure une bonne homogénéité du matériau et permet d'obtenir une fraction volumique de phase durcissante g ' plus élevée que pour les alliages conventionnels. Il en résulte une plus grande résistance mécanique à condition toutefois de contrôler les impuretés et les inclusions. Enfin la mise au point d'autres nuances de matériaux apporte de nouvelles réponses aux problèmes de tenue à haute température. Le N18 dérivé de l'Astroloy présente une résistance mécanique élevée et permet un gain en température d'environ 50°C. Pour l'instant il fait l'objet d'application miliaire, ainsi constitue-t-il 40% de la masse du M88.
Ce graphique montre les performances des solutions citées. En comparant l'INCO 718 et l'Astroloy MdP, on mesure les progrès réalisés grâce à la métallurgie des poudres. On note également les remarquables tenue en fluage et résistance en température du N18. La température atteinte dans la chambre de combustion est supérieure aux possibilités des matériaux actuels. Cela implique l'existence d'un système de refroidissement complexe. Les recherches sur les matériaux sont donc essentielles. La poussée du moteur étant directement reliée à la température d'émission des gaz, on conçoit l'intérêt de disposer de matériaux résistant aux hautes températures, simplifiant ainsi le système de refroidissement. |
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| Etude thermique. | ||||||||||||
| 3.1 Position du problème Létude thermique dun objet tel quune chambre de combustion est rendue très ardue par le fait que lon doive prendre en compte de nombreux facteurs physiques couplés :
Il apparaît donc essentiel délaborer intelligemment un modèle très simplifié du problème pour que nous puissions estimer " à la main ", cest-à-dire sans faire appel à des codes de calcul informatiques, des ordres de grandeur caractéristiques des températures qui règnent à lintérieur de la chambre. Discutons les hypothèses simplificatrices que nous allons adopter : a) Le problème sera étudié en régime stationnaire dans un premier temps : nous ne pourrons donc avoir une idée de ce qui se passe quen moyenne et au cours dune phase de vol stabilisée. b) La géométrie de la chambre sera simplifiée à lextrême comme décrite sur le schéma ci-dessous. On suppose une symétrie de révolution :
c) On considère que la chambre est essentiellement formée des 3 éléments représentés qui sont caractérisés par des propriétés physiques uniformes en tout point de leur surface :
d) On suppose tous les corps gris (e = Cste sur tout le spectre) pour deux raisons :
Seul le corps 3, quon se propose détudier plus précisément, sera caractérisé par un coefficient démissivité qui dépend de la longueur donde. Ne pouvant pas nous attaquer à un trop grand nombre dinconnues à la fois, nous allons nous placer dans une démarche itérative en supposant déjà connus n-1 paramètres du problème pour étudier le nième. Les problèmes de dimensionnement que nous nous proposons de résoudre pour le refroidissement de laccroche-flamme sont les suivants : 1. " Etant données les températures caractéristiques des autres éléments de la chambre de combustion, quel flux minimum doit être évacué par transfert conducto-convectif pour maintenir laccroche-flamme en deçà dune certaine température T3 ? " 2. " Quel type de matériau doit-on utiliser pour une bonne tenue thermique de laccroche-flamme ? " Une partie suivante se proposera détudier les moyens pratiques daugmenter ce flux de chaleur évacué par transfert conducto-convectif dans la chambre de combustion.
3.2 Flux à évacuer Le bilan des flux sur laccroche flamme en
régime stationnaire sécrit : On suppose dans ce calcul que les gaz chauds forment un corps noir cylindrique (e g = 1) et que la paroi 2 qui est recouverte de suie est également un corps noir (e 2 = 1). On fixera par ailleurs les valeurs numériques suivantes (tirées de documents associés cours de transferts thermiques) : R1 = 0,150 m R2 = 0,149 m R3=0,070 m d1 = 0,200 m d2 = 0,100 m Tg = 2000 K T1 = 350 K T2 = 800 K T3 = 1300 K e 1 = 0,7 e 3 = 0,7 e 3 = 0,8 pour l < 1,5 m m e 3 = 0,4 pour l > 1,5 m m 1) Calcul de
Doù :
Restent à calculer les facteurs de forme :
On introduit 0, un disque fictif qui ferme le cylindre ébauché par la surface 1 :
Vu la géométrie du problème, le flux rayonné par 1
sur 2 est très faible et on supposera en première
approximation que :
Finalement, lapplication numérique donne :
2) Calcul de
avec :
Calculons les facteurs de forme. On peut a priori remarquer que :
Les tables donnent le facteur de forme qui lie deux disques concentriques. Nous allons donc utiliser la construction géométrique suivante pour calculer f3g : on considère que lanneau 3 résulte dune différence entre un grand disque (3+4) et un petit disque 3.
On peut écrire :
et une expression similaire pour fg(3+4).
On en tire fg3 puis, Lapplication numérique a pour résultat : f3g = 0,478. On va à présent regarder à quelles longueurs donde se situe le rayonnement maximum émis par les différents corps en présence pour voir sil ne serait pas possible de simplifier le problème. On utilise pour cela la relation lambda m.T = 2900 m m.K :
Les valeurs obtenues montrent quil nest pas possible de négliger la contribution dun des domaines de longueurs donde. On est obligé de décomposer lintégrale qui définit j 3R :
Si lon pose :
Il vient :
Lapplication numérique donne :
3.3 Conclusion On obtient le flux conducto-convectif recherché en écrivant :
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| Dimensionnement du refroidissement. | ||||||||||||
| 4.1 Les Enjeux L'évolution des moteurs à flux continus est orientée vers la recherche de l'amélioration du rendement thermique. Les températures maximales des gaz de combustion peuvent alors dépasser sensiblement les températures admissibles des matériaux. Des techniques de refroidissements sont donc nécessaires pour palier à ce problème.
4.2 Les Techniques de Refroidissement 4.2.1 Refroidissement interne dans les canaux Il consiste à faire circuler le fluide de refroidissement dans des micro-canaux lisses à l'intérieur de la paroi. Leur implantation près de surfaces exposées au flux permet de bien évacuer la chaleur. Les premières chambres de combustion refroidies l'ont été avec des canaux cylindriques ou à surface d'échange augmentée. L'efficacité limitée de cette technique a conduit à l'apparition de canaux munis de picots. Les picots sont des petites excroissances cylindriques (diamètre de l'ordre de quelques dixièmes de mm) recouvrant la paroi interne de la chambre, augmentant ainsi la surface de contact avec le fluide de refroidissement. Il existe également des canaux munis de pontets, qui, à la différence des picots, sont des cylindres joignant les parois en vis-à-vis ; leurs dimensions sont de l'ordre de celles des picots. Ils présentent l'avantage de répartir de manière homogène la température dans la pièce et d'augmenter les échanges convectifs. Leur coût de fabrication est toutefois élevé en raison de la finesse des techniques de fonderie mises en jeu pour leur élaboration. 4.2.2 Refroidissement par ablation Le refroidissement par ablation utilise un matériau thermodégradable qui se sublime en absorbant de la chaleur pour former un film isolant la paroi du fluide chaud. 4.2.3 Refroidissement par film Cette technique, apparue dans les années 60, consiste à émettre de l'air de refroidissement par des rangées de trous (cylindriques ou non, de quelques dixièmes de mm), ou des fentes, perpendiculaires au trajet des gaz de combustion, pour qu'un film protecteur de fluide "froid" se développe entre les gaz chauds et la paroi à refroidir. Cette protection se dégrade progressivement, de l'émission jusqu'au bord de fuite. La création du film perturbe la couche limite, et la compréhension des phénomènes thermiques qui s'y produisent constitue un champ de recherches important. Il est cependant difficile de reproduire les phénomènes qui ont lieu dans une turbine, spécialement ceux dus à sa grande vitesse de rotation. 4.2.4 Refroidissement par transpiration Une fabrication originale, initialement élaborée pour refroidir les chambres de combustion, consiste à superposer des lamelles préalablement gravées, puis à les assembler. On obtient un matériaux poreux et le refroidissement s'effectue par transpiration (ou effusion). Celui-ci assure ,d'une part, le refroidissement interne du matériau et, d'autre part, la protection de sa surface, grâce à l'établissement d'un film dont l'efficacité du refroidissement est pratiquement constante sur toute la surface. Bien que prometteuse sur le plan de la réduction du débit de refroidissement, cette méthode possède un coût de production élevé.
4.3 Bilan et Perspectives Les expérimentations et recherches en cours tentent de combiner les différentes techniques de refroidissement afin d'obtenir le meilleur compromis. De nombreux travaux de recherche sont en cours en ce qui concerne la compréhension des phénomènes liés à l'émission de film d'air, dans le but d'améliorer leur efficacité. Enfin, à plus long terme, la modélisation en trois dimensions (3D) des écoulements permettra d'optimiser les systèmes en réduisant les coefficients de sécurité et en diminuant les pertes aérodynamiques. Si les techniques de convection interne, films, et barrières thermiques sont aujourd'hui utilisées, il n'est pas envisageable pour l'instant de mettre en oeuvre de façon industrielle celles des micros canaux ou de transpiration. Les progrès attendus de la recherche par les motoristes permettraient d'y parvenir.
4.4 Présentation de létude Il existe plusieurs méthode de refroidissement des parois de la chambre de combustion comme cela vient dêtre présenté. La méthode retenue ici consiste à introduire de lair frais (par rapport à celui de la chambre) au moyen de petits trous situés sur les parois de la chambre. 4.4.1 Modèle Létude précise des phénomènes entrant en jeu étant très complexe, je vais apporter un certain nombre de modifications aux conditions réelles afin dobtenir un modèle plus simple à étudier. La paroi est considérée comme étant un corps noir, la flamme un corps gris démissivité e , et lair un corps totalement transparent. Compte tenu du faible écart entre la flamme et la paroi, on considère que le rayonnement provenant dun point de la flamme arrive dans son intégralité sur le point de même abscisse de la paroi et réciproquement. Lair arrive de gauche avec une vitesse v et une température Ta(0), le trou étant à labscisse 0. La température de lair ainsi que celle de la paroi évoluent suivant laxe des abscisse contrairement à celle de la flamme qui reste constante. 4.4.2 Résolution A laide de ces hypothèses, on aboutit à une première équation : e s T4(x)+hT(x)-e s Tf4-hTa(x)=0 Linconvénient de cette équation est quelle fait apparaître deux quantités inconnues T(x) et Ta(x). Pour obtenir T(x), il faut donc dabord avoir Ta(x), pour cela on met temporairement une hypothèse supplémentaire sur T(x), à savoir T(x)~0,5Tf. Cette simplification permet darriver à lexpression suivante de Ta(x) : Ta(x)=( Ta(0)-0,75Tf)exp(-hdx/v)+0,75Tf On a alors une expression ne dépendant plus que de T(x), que lon peut résoudre numériquement. 4.4.3 Résultats La résolution a été faite à laide du logiciel Maple, ce qui a permis de tracer T(x) sur le premier mètre. Pour cela les valeurs numériques retenues étaient (la plupart de ces valeurs sont arbitraires et ne correspondent sans doute pas à la réalité) : Tf=2000K Ta(0)=700K d=1mm v=1m/s e =0,9 h=600W/m²/K La courbe obtenue est donnée ci-dessous.
Quelques valeurs caractéristiques : x=0 : T(x)=700K x=2,6cm : T(x)=750K x=6cm : T(x)=800K x=17cm :T(x)=900K Pour éviter de trop grandes disparités de température, au moins si non plus néfaste quune surchauffe globale, on voit quun trop trou nest efficace que sur une distance de lordre de 2cm. Lespacement des trous dans les conditions retenues doit donc être de lordre de 1 à 2 centimètres. 4.4.4 Conclusion Ce modèle bien que très simplifié permet dobtenir des ordres de grandeur que lon peut ensuite affiner en utilisant des modèles plus précis. On peut en outre remarquer que la vitesse de circulation de lair est importante et quune vitesse plus élevée permettrait despacer beaucoup plus les trous. |
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| Dimensionnement de l'injection. | ||||||||||||
| 5.1 Introduction Lensemble des problèmes liées aux différents types dinjecteurs a été vu dans la première partie de ce dossier, avec les différentes contraintes et critères à respecter, dont la stabilité de la flamme qui constitue un élément essentiel au bon fonctionnement du moteur. Létude se découpe ainsi en deux points. Tout dabord un travail sur le fluide injecté puis sur les caractéristiques dimensionnelles de linjecteur proprement dit.
5.2 Fluide injecté Nous allons nous intéresser dans cette partie au trajet du combustible (le kérosène) à lintérieur de la chambre de combustion. Ce trajet doit être particulièrement bien maîtrisé pour que les injecteurs travaillent au mieux. En effet, la majorité du fluide injecté se doit dêtre consommée pour assurer un bon fonctionnement de la chambre de combustion et donc une poussée optimale du moteur. Tout dabord, le kérosène est injecté sous forme de gouttelettes afin daugmenter la surface dinterface entre les gaz chauds et le combustible. Si le combustible arrivait dans la chambre sous forme dun simple film liquide, la combustion serait alors loin dêtre totale, et cest pourquoi cette solution technologique na pas été retenue. Maintenant, il est donc nécessaire détudier ces gouttelettes, leur taille initiale et leur évolution à lintérieur de la chambre ; en effet, elles doivent être assez fines pour se vaporiser rapidement dans leur trajet dans lécoulement. 5.2.1 La taille des gouttes en sortie dinjecteur La fonction densité de probabilité de taille des gouttes en sortie dinjecteur admet lallure suivante si on considère une distribution de type Rosin-Raumler :
Le diamètre moyen des gouttes à leur entrée dans la chambre de combustion est alors :
Cette valeur du paramètre est choisie par chaque équipe dingénieurs en fonction de la chambre de combustion quils conçoivent. Sa valeur exacte pour la chambre de combustion du CFM56 est donc confidentielle mais elle est de lordre de 50 : m.
Modèle de la goutte isolée Il sagit dorénavant détudier de façon précise le trajet des gouttes dans la chambre de combustion et notamment de savoir à quelle distance de leur lieu dinjection elles se vaporisent. Pour cela on dispose dun modèle : le modèle de la goutte isolée. Les hypothèses du calcul, sont les suivantes :
Evolution des gouttelettes Sous les hypothèses précédentes du modèle de la goutte isolée, on parvient à montrer que le diamètre D des gouttelettes obéit à une loi du type :
Où D0 est la taille initiale des gouttelettes et K une constante thermodynamique dépendant notamment de la masse volumique et de la diffusivité du kérosène, de la capacité calorifique des gaz, de lenthalpie de vaporisation du combustible ainsi que de la température de la chambre.
5.2.2 Dimensionnement Daprès ce que nous venons de voir, les gouttelettes de combustibles voient le carré de leur diamètre décroître suivant une loi linéaire. Leur temps de vol est tvap ; pendant ce temps les gouttelettes ne doivent pas pouvoir parvenir à lautre bout de la chambre. La distribution de Rosin-Raumler du diamètre des gouttes donne D0 = 50: m. Dautre part, les calculs montrent que K est de lordre de 0,1. On en déduit que dans ces conditions, tvap = 10 ms. Un dimensionnement réaliste dinjecteur est bien entendu impossible vu la complexité de l'objet. Cependant, ces valeurs donnent des ordres de grandeur des paramètres réels, ce qui constitue une première approche de la réalité.
5.3 Injection du carburant On trouve dans le CFM56 des injecteurs utilisant la technique consistant à transformer le carburant en fines gouttelettes au moment de linjection. Ce système présente de nombreux avantages comme nous venins de le voir. Nous allons maintenant détailler le dessin dun tel injecteur et son fonctionnement. Dessin de linjecteur
Les deux dessins montrent de manière simplifiée la forme des injecteurs utilisés dans le CFM. La taille de ces pièces est denviron 7cm. On trouve dans une chambre 20 injecteurs de ce type, répartis régulièrement sur le contour de la chambre pour assurer une bonne homogénéité du remplissage en carburant. Au centre de linjecteur se trouve un gicleur qui introduit le carburant dans la chambre en donnant au jet ainsi formé une forme de cône. Celle-ci permet de répartir le fluide sur les parois inclinées de linjecteur où il sécoule. Le gicleur est entouré par une sorte de spirale. Lair passe à cet endroit et est donc injecté dans la chambre avec un mouvement de rotation. Il se crée une sorte de tourbillon dair. Etant donné la viscosité du fluide et la différence de vitesse entre le gaz et le carburant, ce mouvement de rotation entraîne le liquide et arrache des particules. Ainsi, le fluide introduit se disloque et un brouillard apparaît. Ce brouillard de gouttes conserve bien entendu le mouvement de rotation imposé par lair, ce qui a pour effet daméliorer le mélange des gouttes nouvelles avec celui déjà dans la chambre de combustion et de ce fait crée un mélange homogène. Les trous que lon peut remarquer à la périphérie de linjecteur ont deux rôles : ils refroidissent les parois de linjecteur et canalisent le carburant injecté en évitant que le cône ne se développe trop. Ce type dinjecteur remplit donc la fonction datomiseur et garantit une bonne homogénéité du mélange. De ce fait, il répond à la majeur parte des attentes des constructeurs. La forme exacte de cette pièce est hautement confidentielle étant son importance et les différences existant entre les types dinjecteurs. Il est donc délicat dobtenir des informations précises. De plus, les phénomènes qui régissent les performances des injecteurs et qui permettraient dexpliquer les différences de comportement observées sont peu connus et la mise au point dun injecteur se fait dabord de manière empirique. On peut toute fois énoncer certains principes. Par exemple, en ce qui concerne linjection dun fluide incompressible dans un gaz, on peut démontrer en mécanique des fluides, en utilisant la vitesse radiale et la vitesse axiale, que langle formé par le cône était de la forme : tan(q /2)=K*(r 1/r 2)^(1/2), avec r 1=densité du gaz et r 2=densité du liquide. On peut donc supposer quil faut donner à linjecteur une forme de cône dont le demi-angle au sommet sera r /2.On peut également rappeler que le nombre de Reynolds dépend du rapport L/d avec L=longueur du jet et d=diamètre du jet. Il semble donc que ces deux paramètres seront très importants dans la détermination de la forme de linjecteur car la viscosité va influencer la taille des gouttes. |
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